Avec le changement de style de l’interface de wordpress, sur ce 444e post, j’annonce mon changement pour la soirée. Pour ce soir et peut-être demain, je vote républicain. Parce que pour une fois, ça m’est arrivé à moi. Real time baby.
J’ai toujours eu pour habitude d’essayer de dompter l’inconnu, que la clef d’une vie saine résidait dans la compréhension du point de vue de l’autre. J’ai rarement eu sincèrement peur de marcher seul la nuit pour revenir chez nous. Le calme de la nuit est parfait pour se retrouver seul.
En revenant de chez Yoda aujourd’hui, après avoir écouté la bonne finale affreusement incomplète de Prison Break saison 1 (NO SPOIL PLIZ), je reviens chez nous, comme les trouze mille autre fois auparavant.
Seulement voilà, sur le chemin pour revenir chez nous, je me fais interpeller par une gang. Moi je continue mon chemin, j’ai ma musique dans les oreilles, j’en ai rien à foutre, je veux aller chez nous. La seule fois, je pense que j’ai manqué de confiance en moi en croisant le chemin de quelqu’un.
Voilà qu’ils me rattrapent et qu’ils commencent à savoir si j’ai de l’argent comme des quêteurs insistants. Je réponds non (ce qui est vrai, j’ai jamais de comptant sur moi) en toute honnêteté et je me tue à le répéter, mais ils se montrent insistants. Alors qu’ils m’encerclent, je comprends alors que je me fais taxer.
Sur le coup, j’essaie de me rappeler ce qu’il faut faire. Le seule chose qui me vient à l’esprit est “Donne leur ce qu’ils veulent pour que tu t’en tire”. Mais ça semble se contredire au fait qu’ils ont au moins, chacun, 3 ans et une tête de moins que moi. Et qu’ils agissent vraiment de façon ridicule… mais avec des intentions mauvaises, un nombre de 3, sûrement plus d’expérience que moi en bagarre qui n’a même jamais vu un coup de poing (pas fou comme supposition), et une possibilité d’armes blanches (peu probable mais possible). En essayant d’étudier les possibilité d’en bousculer un et de partir à courir avant qu’un autre s’agrippe à moi… peu probable sur le coup. Je me demande aussi où je pourrais bien aller… les mener chez nous? Et le temps de réponse de la porte? Pas bright bright.
C’est après m’avoir arraché mon Eurêka adoré, source de jouissance irremplaçable (moyennant 200$) des mains et en me le dandinant sous les yeux que je commence à avoir des pincements au coeur. Putain, me laisser intimider autant, les conseils de merde, oui? Après faire pression sur l’obtention de mon porte-monnaie que je ne possède pas (t’es fou, je donnerai pas mes cartes d’identités, gros malin…), je commence à résister. Je veux m’en tirer, oui, mais pas au prix qu’ils en sachent sur moi. Je résiste pendant 30 secondes avec un coeur qui va à cent mille à l’heure face à leurs menaces de me battre (en y repensant à tête reposée maintenant, je pense qu’ils devaient avoir autant la chienne que moi, vu leur manière d’agir…).
Puis, un remarque un char de police et commence à s’en aller subtilement, alors que les autres l’imitent. Mon sens de l’observation étant aussi merdique que ma mémoire des noms et visages (c’est raté pour le signalement plus tard, ça je le savais déjà…) je finis par l’apercevoir une coin de rue plus loin. Comprenant que je viens d’obtenir l’avantage et ayant perdu toute peur de me faire couper ou tabasser (que je te voies essayer!), je l’agrippe et réclame mes biens, qu’il me redonne rapidement avant de se tirer.
Note personnelle, les voitures de police ont toujours été une source de stress pour moi, même si je sais parfaitement que je ne fais rien d’illégal. Hé bien là, je n’ai jamais été aussi content de ma vie de voir une police. Pour aujourd’hui, la police, je vous aime profondément.
La police arrive, je conte l’histoire, mais je ne veux pas porter plainte (après ce que Yoda m’a dit sur l’utilité du phénomène quand tu n’as rien à gagner excepté la vengeance, ce qui ne mène jamais à rien selon moi) parce que… no harm done après tout, je m’en suis tiré avec simplement un trop plein d’adrénaline. Je donne le signalement du mieux que je peux, et je pars.
Encore sous le choc. Heureusement, merci mon Dieu, Yoda était connecté et j’ai pu me vider sur le coup sans mourir. Et à mon frère également. Et merci à Yoda, et aussi beaucoup à l’ami (trop trop sexy sur lequel j’ai un kick HEY, ça faut jamais le dire à personne, compris?) de mon frère pour vos conseils, ça a fait beaucoup retomber la pression.
Je dois m’attendre à capoter dans les prochaines semaines lorsque je sortirai de chez nous, ça sera normal. Chiant, pas pratique, mais normal et je dois y passer. Je dois m’attendre à repasser la scène cent mille fois dans ma tête et à finir par regretter l’entièreté de mes actions.
Mais savoir utiliser ces regrets pour mieux savoir quoi faire la prochaine fois. Pour mieux y être prêt. Savoir réaliser qu’ils ne m’en voulaient pas à moi parce que j’étais moi, mais parce que j’étais là. Malheureuse coïncidence improbable. C’est tout, aussi bête que ça.
Putain, je viens de réaliser que mes cours d’autodéfense de Taekwon-do ne me sont pas revenus en mémoire jusqu’à une heure plus tard…