Ouais bon, ce qui avait commencé en un prétexte pour garder l’uniformité du post précédent a pris beaucoup d’ampleur au niveau des commentaires, et c’est pas que je veux pas en parler, mais je m’aperçois que de garder ça pour les conversations personnelles donne beaucoup de la fois la même conversation… encore et encore. Alors je clarifie mes états d’âmes actuels ici.
Tout d’abord, je tiens à préciser que dernièrement ma vie c’est surtout le retour à l’école. Veux veux pas, ça s’étale sur plusieurs jours… les premiers devoirs, les premières incompréhensions dans les cours (c’est vrai que la 2e année est plus rushante, j’approuve avec mon cookie seal!), les partys que j’ai tous raté l’an passé et auxquels j’assisterai le plus possible cet année (mais c’est dur… parce qu’il y en a un ce soir que je manque alors que j’écris ces lignes), les premiers cours de Taekwon Do (omg j’ai hâte!), etc. etc.
Mais passons aux choses sérieuses. Analysons une partie de mes états d’âme actuels. Celle où je suis écoeuré. Écoeuré d’être gai, mais là, c’est à un point inimaginable. Je baisse les bras. J’ai essayé, ça marche pas, c’est fini. Plus d’espoir.
“Ne te mens pas à toi-même. Si ce n’est pas ce que tu ressens, ne deviens pas hétéro. C’est mauvais. Tu dois t’assumer.”
Alors oui, ça j’approuve. Mais c’est quoi m’assumer? Être gai? Coller à ce que j’appelle le stéréotype secondaire? Pas le stéréotype gai primaire, le mec de blanc, rasé, musclé comme c’est pas possible, habillé de cuir et qui ne peux vivre sans baiser et clubber. Non, je parle ici du stéréotype gai secondaire.
Le type qui zézeille mais pas assez pour être vraiment effeminé. Le type qui hais le stéréotype primaire et qui le clame haut et fort (“faut pas s’y associer, c’est quoi l’image que ça me donnerait?”) mais qui adore tout de même la Parade de la Fierté ou le cabaret Mado (“mais c’est pas pareil… c’est juste pour le fun!”). Le type qui pourrait mourir pour la cause gaie. Le type qui hais le village gai mais qui pourtant y va régulièrement puisqu’il connait toutes les places, les horaires et le monde. Le type qui dit que la baise c’est pas tout ce qui importe, mais qui te parle des belles paires de fesses qu’il croise ou des stars qu’il trouve sexy au moins une fois par jour (c’est pas parce que tu le fais pas aux 10 minutes que une fois par jour reste normal, dude). Le type qui hais gay411 et qui ne cesse de chialer contre, mais qui a un compte, juste au cas, on ne sait jamais. Le type qui dit qu’il ne faut pas clubber pour être accepté, mais qui ne vois pas d’autres solutions. Le voilà, ce bon vieux stéréotype secondaire.
Si tu ne t’y colle pas? Oublie ça. Tu peux pas être gai. Tu peux pas rencontrer du monde, avoir des discussions ou développer ne serait-ce qu’un lien de tolérance avec un autre gai. Parce que c’est bien beau l’acceptance en tant qu’humains différents, mais j’attends encore un seul contre-exemple. Un seul gai qui ne se colle pas à cette image et qui a fini heureux dans sa vie sentimentale sans le Deus Ex Machina (parce que tant qu’à me rabattre sur le “ah le destin me donnera quelqu’un un jour sans que je ne fasse rien”, autant perdre espoir tout de suite). J’attends. Parce que des exemples, j’en ai à la dizaine. Tiens, à chaque expérience dans la culture gaie que j’ai eu, je peux trouver au moins trois exemples associés. Mais j’attends encore un contre-exemple.
Ça ne me rend pas malheureux profondément. J’ai une très bonne vie sociale, ma vie scolaire va bien, … Mais voir toute sa vie sentimentale, amoureuse et sexuelle réduite à néant, chaque jour, depuis toujours, simplement parce que je suis gai… ça fout un coup dans le moral quand même. Pas étonnant que je me tape certaines déprimes de temps en temps. Je vois tout le monde s’essayer de temps en temps, et moi… moi j’ai même pas de possibilités, même pas de chance, même pas d’espoir. C’est une partie de moi qui meurt.
C’est quoi selon vous m’assumer? Ne pas être hétéro, bien sûr, ne pas me mentir, on me le dit et redit. Donc quoi? Vivre gai? Ça se fait mal de vivre son homosexualité assis à pleurer dans son lit. Alors je dois bien essayer. Hey, c’est depuis mon coming-out il y a deux ans que j’essaie. J’essaie les groupes de discussions, les bars, les activités, les sites, les tchats, etc. J’aime pas ça au départ, mais il faut bien que j’essaie quand même, il n’y a pas d’autres possibilités (c’est ça être gai, t’es coincé dans la vie sentimentale qui serait qualifiée d’inférieure si tu étais hétéro). Ça marche pas, j’ai pas de plaisir. Mais c’est normal, qu’on me dit! Je montre de la mauvaise volonté. Alors c’est simple, je mens à moi-même en me forçant à aimer ça finalement. Et même là ça foire. Alors quoi… j’essaie encore? Je mens encore plus à moi-même? Drôle de façon de s’assumer, j’ai raté un lien logique je crois. Tant qu’à faire ça, pourquoi ne pas être hétéro? Ça serait plus facile.
Voilà où j’en suis. Être gai, c’est pas pour moi. C’est pas pour personne que certains peuvent répondre, mais je ne suis pas d’accord. Certains gais s’en tirent mieux que d’autres. Certains gais peuvent s’y définir, s’assumer, y vivre. Pas moi. Je suis tanné de voir des espoirs réduits à néants. Donc c’est fini, je n’ai plus d’espoir. Plus maintenant.
Je veux tirer un trait. Je veux prendre un gros marqueur rouge et biffer le “gai” qui se trouve dans ma personnalité. Je ne suis officiellement plus gai.