Je dois l’avouer, je ne connais pas Gandhi du tout ni l’ombre de sa vie. Donc arrêtons d’en parler ici, vous voulez? J’ai simplement le goût de faire un édito.
S’il y a un post de mon blog que vous devez lire en entier, c’est celui-ci.
Je suis un ardent défenseur de la non-violence. J’ai assez vécu d’horreurs à mon école primaire et secondaire pour avoir une idée, mais j’ai toujours su laisser ma rancune tendre l’autre joue. Je crois que la violence n’est due qu’à l’incompréhension, la peur et les préjugés, et que la principale arme est l’information. Je veux citer ici un simple exemple personnel qui peut peut-être faire réfléchir.
Quand j’ai su pour la première fois ce qu’était un homosexuel, ma réaction a été “Yuck!”. J’ai été répugné par cette idée, j’ai pensé qu’un homosexuel était anormal, dangereux et dégoûtant. J’ai fait mon homophobe accompli et diplômé.
Naturellement, avec le temps, j’en ai appris sur le sujet. J’ai commencé par entendre du monde en discuter. Puis à croiser des gays. Puis à en connaître un, à lui parler, à être ami avec lui, et j’ai appris à m’ouvrir au phénomène et à le considérer parfaitement normal. Maintenant, je suis gai, c’est pour dire!
Ces dernières lignes ont décrit un processus qui a duré plusieurs années. Oui, ANNÉES. Changer une opinion, ça prend du temps. Quelle aurait été la meilleure réaction si vous m’aviez croisé dans le temps où je faisais mon homophobe? M’informer, bien sûr, sans paraître aggressif. Et je vous aurait sûrement retourné des insultes puisque mon opinion n’aurait jamais changé en un jour.
Maintenant, c’est le moment de généraliser. Quand vous rencontrez un homophobe, ou n’importe quelle personne faisant preuve de fermeture d’esprit concernant n’importe quoi, s’il vous plaît, ne vous montrez jamais, jamais aggressif et faites plutôt preuve de sympathie et de compréhension. Ne l’insultez pas, même pas dans son dos. Ne faites même pas sous-entendre que votre avis d’ouverture d’esprit est meilleur. Il faut simplement l’informer et argumenter raisonnablement, sans jamais hausser le ton de voix.
Il faut partir avec l’idée que son opinion ne changera sûrement pas. Il faut partir avec l’idée qu’il se montrera sûrement incohérent, aggressif et qu’il vous insultera. Si vous n’êtes pas capable d’endurer ceci et de répondre avec un sourire, tournez le dos et allez vous-en, et laissez la prochaine personne s’en occuper.
Vous avez le désir de changer quelque chose? C’est la meilleure manière. Vous voulez changer maintenant et vous ne pouvez attendre? Moi j’aimerais pouvoir voler dans le ciel. Désolé, impossible. Faites votre effort, et répandez le mot chaque fois que quelqu’un se montre aggressif, pour n’importe quelle raison. Chaque fois que quelqu’un parle dans le dos de quelqu’un d’autre, chaque regard snob, chaque bataille avec un commis. Être aggressif ne règle rien. Jamais, jamais, jamais.
On a tous un système de valeurs. J’ai tendance à classer la vie assez haut. Si quelqu’un classe son propre confort au dessus de la vie, il a une toute autre version de la moralité. Pour lui, blesser quelqu’un pour son bien-être est complètement moral et il ne voit même pas de mal à ça. Pour lui, faire du tort à son bien-être personnel pour sauver la vie de quelqu’un est complètement immoral, et il considère cela aussi grave que je considèrerais l’action de la phrase précédente.
Bien sûr j’ai dramatisé ici, mais c’est pour illustrer le principe. Naturellement, lorsque certaines actions sont considérées normales pour un et complètement immorales pour l’autre, c’est dur de s’entendre et de trouver un terrain commun alors qu’on ne trouve l’autre inhumain, sans coeur, voire dérangé. Tout cela pour de simples valeurs… N’y a-t-il pas un moyen de discuter sans agressivité?
J’ai eu il y a quelque temps un débat assez engagé avec quelqu’un qu’on peut sans doute classer d’extrême droite. J’ai fait mon possible pour argumenter raisonnablement et éviter les insultes. À la fin, rien du tout n’était réglé (naturellement, on ne règle rien en une seule discussion), sinon que j’en avais beaucoup appris sur sa position (contre laquelle je m’oppose toujours). J’ai essayé à la fin de nous en sortir en bon termes avec une poignée de main, malgré les différences fondamentales de notre système de valeurs qui risqueraient de refaire fuser les insultes à la moindre occasion. Ça n’a pas trop marché.
Une semaine plus tard, j’ai quand même reçu un message de sa part souhaitant cette poignée de main.
L’information, la non-agressivité et surtout, le temps. Tendez l’autre joue. Et parlez-en un peu.